CERCC
 

Projet de recher­che-création LCD2APMI : La Chaise-Dieu - Architecture, Arts, Pensée Multimédiale et Innovation

En col­la­bo­ra­tion avec l’ENSASE et le CIEREC de L’Université Jean Monnet de Saint Etienne. La Chaise-Dieu - Architecture, Arts, Pensée Multimédiale et Innovation (acro­nyme : LCD2APMI)

MM. Eric Dayre (ENS,CERCC), Evelyne Chalaye (ENSASE), Jean-Luc Bayard (ENSASE et CERCC), Anolga Rodionoff (UJM, CIEREC)

Ce projet, en attente de finan­ce­ment, est né dans le cadre de la col­la­bo­ra­tion de for­ma­tion-recher­che créa­tion menée depuis 2016 entre le CERCC de l’ENS et l’ENSASE. Il a voca­tion à être un lieu de cir­cu­la­tion des connais­san­ces et de créa­tion dans un espace d’ana­lyse et d’échanges d’expé­rience entre le monde de la recher­che, le monde de la créa­tion et la sphère de la déci­sion poli­ti­que sur des ques­tions de vie et d’orga­ni­sa­tion des ter­ri­toi­res.

Il repose sur trois fon­de­mants :

1. Une réflexion menée en commun par des cher­cheurs de l’ENS, de l’UJM et de l’ENSASE sur l’état des lieux et les besoins exis­tant en matière de cir­cu­la­tion des savoirs et pra­ti­ques entre le monde de la recher­che et de la créa­tion, et les res­pon­sa­bles du pilo­tage de l’action publi­que.

2. Un tra­vail de sen­si­bi­li­sa­tion et d’inter­mé­dia­tion entre cher­cheurs créa­teurs et déci­sion­nai­res à tra­vers des ate­liers, des clas­ses de maitre et des sémi­nai­res.

3. La conduite de recher­ches-actions sur des thé­ma­ti­ques et selon des moda­li­tés défi­nies en commun au plus près des pro­blé­ma­ti­ques d’un ter­ri­toire en muta­tion.

1. Un lieu par­ti­cu­lier

Le ter­ri­toire de La Chaise-Dieu est un ter­ri­toire mil­lé­naire, fondé dans la tra­di­tion clu­ni­sienne et devenu au Moyen-Age, par essai­mage des bâtis­seurs qu’il a formé, un centre rayon­nant. La pro­fon­deur his­to­ri­que y donne à lire l’arti­cu­la­tion entre les œuvres (archi­tec­ture du XIVe siècle, fres­que du XVe, tapis­se­ries du XVIe, gran­des orgues du XVIIe), donc la visée d’une syn­thèse qui se cons­truit avec et par la créa­tion, comme si le projet se révé­lait dans la syn­thèse des arts. Le projet se pour­suit aujourd’hui (fes­ti­val de musi­que au XXe siècle, projet chaise-dieu -), pro­dui­sant une attrac­tion à partir de laquelle plu­sieurs établissements d’ensei­gne­ment supé­rieur (ENS de Lyon, Université Jean Monnet, Ecole d’archi­tec­ture de Saint-Etienne) pro­po­sent de coo­pé­rer, pour réflé­chir aux inte­rac­tions entre uni­ver­sité et ter­ri­toire, donc aux par­te­na­riats entre acteurs aca­dé­mi­ques et acteurs économiques, pour bâtir la col­la­bo­ra­tion inte­ré­ta­blis­se­ments qui est au fon­de­ment de l’Université de Lyon, sur la base d’actions plu­ri­dis­ci­pli­nai­res, asso­ciant inno­va­tion péda­go­gi­que, pensée de la tech­ni­que, recher­che et dif­fu­sion des savoirs sur les liens entre arts, tech­ni­que, formes et modes de vie.

2. Le projet en « créa­tion, recher­che, poten­tiels du ter­ri­toire » : un axe Lyon- Saint Etienne- la Chaise Dieu

On oublie aujourd’hui trop sou­vent dans l’évaluation des riches­ses poten­tiel­les d’un pays de partir de l’hypo­thèse selon laquelle les res­sour­ces maté­riel­les laten­tes et les dyna­mi­ques humai­nes du ter­ri­toire peu­vent deve­nir une source d’inven­tion et d’inno­va­tion. En par­tant des res­sour­ces maté­riel­les pro­pres d’un milieu, il est pos­si­ble de sou­te­nir une culture cons­truc­tive dif­fé­ren­ciée, sin­gu­lière et propre à ce milieu. De la même manière, le por­tage actif du geste créa­teur et artis­ti­que dans une démar­che sou­cieuse de la vie d’un ter­ri­toire et du lien humain nous semble être la source d’une triple féconda­tion de l’art de l’amé­na­ge­ment fondé sur l’atten­tion spé­ci­fi­que aux res­sour­ces comme aux pro­blé­ma­ti­ques pro­pres au ter­ri­toire. Il s’agit donc de pren­dre en compte une glo­ba­lité sociale, économico-cultu­relle et humaine, dans la pers­pec­tive d’une créa­tion et d’une recher­che liées entre elles et béné­fi­ques d’un point de vue social et économique. La réno­va­tion de l’abba­tiale et de ses bâti­ments permet de déga­ger des capa­ci­tés d’accueil sur une sur­face auto­ri­sant des acti­vi­tés de pla­teau et des sémi­nai­res de créa­tion-recher­che, des sémi­nai­res et des col­lo­ques de réflexion sur les aspects de l’amé­na­ge­ment humain en liai­son avec les arts vivants et leurs apports socié­taux. Des espa­ces d’action et d’expo­si­tion sont de nature à donner vie au lieu et d’assu­rer des retom­bées économiques sur le site, en déve­lop­pant son poten­tiel d’accueil et en ouvrant la pro­po­si­tion à des pro­gram­mes de for­ma­tion par la recher­che et la créa­tion, de clas­ses de maî­tres, de sémi­nai­res pra­ti­ques accom­pa­gnés de sémi­nai­res de réflexion cri­ti­que, qui per­met­traient d’incar­ner la pro­fon­deur du ter­ri­toire et les poten­tia­li­tés de la région AURA. A l’heure où l’on inter­roge le sens et la via­bi­lité de la pola­ri­sa­tion et des concen­tra­tions métro­po­li­tai­nes, il nous semble impor­tant de réflé­chir aux pos­si­bi­li­tés d’un réé­qui­li­brage en faveur des ter­ri­toi­res ruraux, en y inté­grant des lieux où l’uni­ver­sité et la créa­tion ren­contrent la réa­lité diverse d’une région. Le projet que nous sou­met­tons vise rien moins que la créa­tion d’un pôle de com­pé­né­tra­tion des ter­ri­toi­res et de la métro­pole en dehors de la métro­pole, en per­met­tant à des établissements supé­rieurs d’ensei­gne­ment et de recher­che d’animer des recher­ches et des actions mul­ti­mé­dia­les et mul­ti­mo­da­les sur les aspects maté­riels et imma­té­riels de l’inno­va­tion et de l’amé­na­ge­ment régio­nal. Ce ter­ri­toire pour­rait servir de modèle en situa­tion pour donner les pistes d’une redy­na­mi­sa­tion et d’un sens de l’orga­ni­sa­tion fondés sur les poten­tia­li­tés des ter­ri­toi­res pro­fonds, ces ter­ri­toi­res n’étant plus consi­dé­rés comme des « marges », mais comme des espa­ces posi­tifs et néces­sai­res à l’équilibre économico-cultu­rel de la région AURA. Il s’agit donc d’esquis­ser un modèle de déve­lop­pe­ment non réservé aux métro­po­les, un modèle dont la néces­sité se fait for­te­ment res­sen­tir aujourd’hui.

3. La méthode : recher­ches archi­tec­tu­ra­les et moda­li­tés de créa­tions et d’inno­va­tions « géné­ra­li­sa­bles »

Dans ce cadre, l’archi­tec­ture pos­sède un rôle pri­vi­lé­gié dans une poli­ti­que géné­rale de com­pré­hen­sion des maté­ria­li­tés dans la dyna­mi­que de ter­ri­toire. La réflexion sur l’archi­tec­ture du ter­ri­toire peut cons­truire des allian­ces avec les dif­fé­rents acteurs impli­qués : des poli­ti­ques, des pro­prié­tai­res fon­ciers, des arti­sans locaux, des inves­tis­seurs. Elle invite à une poli­ti­que géné­rale basée sur la spé­ci­fi­cité d’un lieu favo­ri­sant à la fois une appro­pria­tion et une rési­lience du ter­ri­toire. Le pre­mier volet du projet consiste dans le finan­ce­ment d’un doc­to­rat por­tant spé­ci­fi­que­ment sur les nou­vel­les maté­ria­li­tés, et en par­ti­cu­lier à La Chaise-Dieu : la ques­tion de la filière bois et des poten­tiels de ce maté­riau pour la cons­truc­tion contem­po­raine. Cette thèse se fera en col­la­bo­ra­tion avec la stra­té­gie déve­lop­pée par l’entre­prise les Fils Philipon. Les nou­veaux outils de concep­tion para­mé­tri­que per­met­tent notam­ment aujourd’hui d’autres appli­ca­tions des maté­riaux dans une pers­pec­tive de mise à jour qui les rend plus variés et com­plexes, et économiquement plus com­pé­ti­tifs.

3.1. Le doc­to­rat en art et archi­tec­ture

D’une part, ce ter­rain d’études est une oppor­tu­nité pour déve­lop­per un projet de recher­che sur les ques­tions des maté­ria­li­tés contem­po­rai­nes en milieu rural. La proxi­mité de cer­tai­nes res­sour­ces maté­riel­les lui ont pro­curé la matière de ses édifices, des murs, des toits, son archi­tec­ture. Ce milieu phy­si­que est essen­tiel pour en com­pren­dre les poten­tia­li­tés et les dyna­mi­ques pour son deve­nir. Ces dyna­mi­ques ont pu être refou­lées par d’autres logi­ques acultu­ra­li­san­tes, des logi­ques économiques plus glo­ba­les, ou des déci­sions d’amé­na­ge­ment de poli­ti­ques natio­na­les, de sorte que cer­tains liens qui arti­cu­laient natu­rel­le­ment La Chaise-Dieu à son milieu ont été alté­rés et oubliés. Les ravi­ver en les com­pre­nant pour­rait four­nir un modèle intel­li­gent et agile pour déve­lop­per des ter­ri­toi­res à la fois à partir de la base signi­fi­ca­tive et his­to­ri­que de leur patri­moine et à partir d’une réflexion sur les poten­tiels de leurs res­sour­ces pro­pres, en pre­nant ici, en l’occur­rence, un appui sur la pro­blé­ma­ti­que de la filière bois et de la ges­tion et et de l’exploi­ta­tion de la res­source fores­tière, en col­la­bo­ra­tion avec les acti­vi­tés de l’entre­prise les Fils Philipon.

Le projet com­prend donc le finan­ce­ment d’un doc­to­rat ciblé sur les ques­tions sui­van­tes : les choix cons­truc­tifs expri­mant une rela­tion sen­si­ble et poli­ti­que au ter­ri­toire, la mise en forme des maté­riaux à la mise en œuvre des pro­ces­sus de cons­truc­tion selon une « Manière d’Architecture », c’est-à-dire l’ins­crip­tion sin­gu­lière, dans un pay­sage, d’un acte archi­tec­tu­ral pour une société. L’archi­tec­ture se situe à la croi­sée des arts for­mels et des fonc­tion­na­li­tés d’amé­na­ge­ment et de vie dans un ter­ri­toire. Cette « manière » se cons­ti­tue pour partie, au tra­vers de cette ren­contre entre l’expres­sion des matiè­res-maté­riaux mis en œuvre et un milieu à la fois géo­gra­phi­que et poli­ti­que dans lequel ils entrent en réso­nance. Ces res­sour­ces sont maté­riel­les, natu­rel­les, énergétiques et humai­nes : le ter­ri­toire est aussi un conser­va­toire de res­sour­ces.

3. 2. Matérialités visi­bles et pra­ti­ques vivan­tes en créa­tion-recher­che et inno­va­tion dans le Projet de La Chaise Dieu

La dimen­sion maté­rielle et cons­truc­tive de l’archi­tec­ture est fon­da­men­tale pour com­pren­dre l’inter­face du domaine tech­ni­que de la cons­truc­tion et du domaine cultu­rel et esthé­ti­que. Pour l’archi­tec­ture et le pay­sage, la maté­ria­lité est char­gée d’une dimen­sion expres­sive, poé­ti­que, qui appelle aux rôles diver­si­fiés que les maté­riaux et les tech­ni­ques jouent dans l’évolution de nos socié­tés comme dans l’inno­va­tion contem­po­raine. Au plus près des ques­tions poli­ti­ques et envi­ron­ne­men­ta­les d’un vil­lage, on peut s’ins­pi­rer aujourd’hui des cultu­res et pra­ti­ques artis­ti­ques enga­gées dans les ques­tions écologiques. L’on por­tera ainsi une réflexion sur les rela­tions entre l’espace phy­si­que, l’espace mental et l’espace social. L’action des pro­jets d’archi­tec­ture permet de penser des formes de résis­tance au nivel­le­ment des cultu­res et de péren­ni­ser des rela­tions sen­si­bles et émancipatrices dans nos rela­tions à la nature. En effet, telle qu’elle s’est défi­nie à partir de la Renaissance avec Alberti notam­ment, la dis­ci­pline archi­tec­tu­rale a puisé dans l’héri­tage des Antiques pour s’actua­li­ser à tra­vers l’écriture et dif­fu­ser ses théo­ries et ses modè­les grâce à l’impri­me­rie. La ques­tion du lan­gage de l’archi­tec­ture, son désir d’expres­sion, à tra­vers la parole comme par l’écrit, reste un enjeu per­ma­nent en archi­tec­ture, comme en témoi­gnent les débats cri­ti­ques actuels qui, de ce point de vue, ne font que pro­lon­ger la pensée de l’œuvre des grands bâtis­seurs du Moyen Age et de la Renaissance. Cette ques­tion de l’expres­sion en archi­tec­ture est reconduite par son rap­port aux autres arts : pho­to­gra­phie, pein­ture, musi­que, théâ­tre, per­for­mance. Entre archi­tec­ture et écriture, aujourd’hui, se tis­sent encore bien des pas­se­rel­les, des inter­ro­ga­tions sou­cieu­ses des maté­ria­li­tés de la vie elle-même. La ques­tion de la rela­tion pro­fonde entre la dimen­sion de maté­ria­lité dans l’archi­tec­ture et les désirs d’expres­sion dans l’écriture et les arts poé­ti­ques en géné­ral com­porte donc, stricto sensu, un enjeu vital. L’établissement du pôle « créa­tion et recher­ches mul­ti­mo­da­les » à La Chaise Dieu se place donc dans la voca­tion spi­ri­tuelle et humaine de la Chaise-Dieu, qu’il entend pro­lon­ger concrè­te­ment. Appuyé par les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­ria­les, la muni­ci­pa­lité, l’inter­com­mu­na­lité et le Syndicat mixte du projet de la Chaise-Dieu, les espa­ces de ce pôle per­met­tront la tenue d’acti­vi­tés de recher­ches uni­ver­si­tai­res, en lien avec l’accueil d’artis­tes en rési­dence, la tenue d’ate­liers, de stages com­muns entre artis­tes et cher­cheurs de l’UDL autour des pra­ti­ques humai­nes de « l’œuvre ». Dans les salles mises à dis­po­si­tion par la com­mune et le syn­di­cat du projet de la Chaise Dieu, les acti­vi­tés seront tour­nées vers les publics et les usa­gers concer­nés par l’inter­face créa­tion/amé­na­ge­ment/ vie du ter­ri­toire. L’ouver­ture des « master-clas­ses » de créa­tion-recher­che ser­vira d’incu­ba­teur pour un tou­risme cultu­rel « haut de gamme ». La pro­duc­tion et la valo­ri­sa­tion des œuvres pro­lon­ge­ront l’attrait de la Chaise Dieu en termes de tou­risme cultu­rel. A terme, et en lien avec le projet de la Chaise-Dieu, un centre de réflexion sur l’inno­va­tion et un lieu de ren­contre et d’échanges d’expé­rience entre créa­teurs, artis­tes, cher­cheurs et usa­gers pro­fes­sion­nels, acteurs indus­triels, du bâti­ment et des tra­vaux publics pourra voir le jour.

II. Ancrage dans la stra­té­gie de l’établissement, en lien avec la poli­ti­que du site

L’ancrage se fait à la fois par la for­ma­tion à la recher­che (voca­tion de l’ENS Lyon et de l’Université Jean Monnet) et par la recher­che en archi­tec­ture et amé­na­ge­ment (voca­tion de l’ENSASE). Le pôle d’action à la Chaise Dieu est dédié à la for­ma­tion à la recher­che par la créa­tion en tenant compte des enjeux contem­po­rains de l’amé­na­ge­ment des ter­ri­toi­res. On se situe donc réso­lu­ment dans le domaine « Humanités et urba­nité » et dans celui des Humanités et des savoirs fon­da­men­taux. Les créa­teurs et les artis­tes sont ici au cœur du pro­ces­sus de recher­che comme de la remon­tée et de l’essai­mage des savoirs. L’UDL tirera un grand béné­fice de défi­nir les alter­na­ti­ves à une pensée aca­dé­mi­que pure­ment abs­traite, ana­ly­ti­que, des­crip­tive et pauvre en impli­ca­tions socié­ta­les. Notre but est de pro­po­ser une concep­tion inté­grée de la for­ma­tion à l’inno­va­tion, de la for­ma­tion à la négo­cia­tion en contexte fin, à l’adap­ta­bi­lité des exi­gen­ces élevées des pro­gram­mes de créa­tion menés à fina­li­sa­tion, de pro­mou­voir l’étude de l’effi­ca­cité et l’appren­tis­sage de la rigueur souple, afin que fonc­tionne le dia­lo­gue entre les huma­ni­tés, le tra­vail de créa­tion et les pra­ti­ques concrè­tes, en par­ti­cu­lier l’appren­tis­sage de la réa­li­sa­tion d’une œuvre et des méca­nis­mes de sa trans­mis­sion fondée sur la mise en commun des talents.

III. Partenariat, impact et retom­bées du projet, stra­té­gie de valo­ri­sa­tion

Aucune métro­pole n’est un île qui serait coupée de ce qui n’est pas elle. Nous nous situons dans le cadre du domaine d’excel­lence « urba­ni­tés et huma­ni­tés » de l’UDL et sur des thé­ma­ti­ques croi­sant plu­sieurs domEx de la région : « Bâtiments et Travaux Publics », « Forêt », « Tourisme ». La pré­sence main­te­nue des acti­vi­tés de recher­che, grâce à un pôle de créa­tion-pro­duc­tion à la chaise-Dieu, lui même fondé sur le pôle pérenne des acti­vi­tés économiques et des res­sour­ces de réflexions et de ren­contres entre publics, artis­tes, pro­fes­sion­nels et cher­cheurs sur le ter­ri­toire, nous paraît de nature à redy­na­mi­ser for­te­ment ce der­nier. Parmi les retom­bées du projet nous semble majeure la réflexion in situ sur la régio­na­li­sa­tion de l’ensei­gne­ment supé­rieur. Si cette régio­na­li­sa­tion doit se cons­truire au béné­fice des régions et des ter­ri­toi­res, il faut vrai­ment consi­dé­rer les ter­ri­toi­res. Il est donc essen­tiel de partir d’une com­pré­hen­sion pro­fonde de ce qu’est une région, et sur­tout de ce que sont les poten­tiels de cette région. Seule une com­pré­hen­sion fondée sur le patri­moine régio­nal et l’his­toire d’un ter­ri­toire peut s’inter­pré­ter dans le sens des logi­ques de l’avenir, s’adap­ter au monde contem­po­rain, sans rien renier de l’his­toire et des carac­té­ris­ti­ques du ter­ri­toire où la région s’est inven­tée et conti­nue à pro­po­ser sa par­ti­cu­la­rité. La fidé­lité au ter­ri­toire sup­pose la mise en œuvre de cette fidé­lité, donc son évolution inno­vante. Repenser l’habi­ta­bi­lité des ter­ri­toi­res per­met­tra de repen­ser en pro­fon­deur l’habi­ta­bi­lité géné­rale d’un ter­ri­toire où l’urba­nité et la rura­lité doi­vent désor­mais se ren­contrer et co-œuvrer. Le déve­lop­pe­ment d’une exper­tise dans ce projet « déplacé » et « ter­ri­to­ria­lisé » de for­ma­tion-recher­che, sera béné­fi­que du point de vue de l’inner­va­tion glo­bale et fine des ter­ri­toi­res où ils se repla­cent, en lien avec les atten­tes de la popu­la­tion et le rayon­ne­ment extra-métro­po­li­tain de l’UDL, lequel doit et peut encore pro­gres­ser. La stra­té­gie de valo­ri­sa­tion passe par la créa­tion de ser­vi­ces mutua­li­sa­bles dans le cadre d’une col­la­bo­ra­tion entre l’UDL, le projet de la Chaise-Dieu et son fes­ti­val de musi­que, en élargissant le panel à d’autres domai­nes que la musi­que. Par l’œuvre, il s’agit de repen­ser l’agi­lité, l’ergo­no­mie sociale et les liens poli­ti­ques : de repen­ser les objec­tifs, la valeur et le sens du tra­vail, en redé­fi­nis­sant le statut des pro­duc­tions autant maté­riel­les qu’intel­lec­tuel­les. Ce pôle de for­ma­tion-recher­che pourra également rendre des ser­vi­ces explo­ra­toi­res à l’UDL, notam­ment pour la défi­ni­tion des métho­des et des appro­ches péda­go­gi­ques du pre­mier cycle uni­ver­si­taire. Par ailleurs l’ENSASE déve­loppe en par­te­na­riat avec le CIEREC une recher­che doc­to­rale en archi­tec­ture depuis trois années. Le projet 2APMI vien­dra ren­for­cer la jeune équipe de recher­che de l’ENSASE « trans­for­ma­tions » formée en 2014. La stra­té­gie de valo­ri­sa­tion se tour­nera vers la région AURA, et l’Institut d’Auvergne du Développement des Territoires (IADT) basé à Clermont-Ferrand sera notam­ment un inter­lo­cu­teur attendu.

IV. Moyens mis en œuvre pour attein­dre les objec­tifs

Deux ins­ti­tu­tions d’ensei­gne­ment supé­rieur expé­ri­men­tent, depuis quel­ques années déjà, un par­cours de for­ma­tion et de recher­che « Ecriture et Architecture » asso­ciant des ensei­gnants cher­cheurs des deux établissements à des créa­teurs, des cher­cheurs et des éditeurs, et leurs équipes sous la res­pon­sa­bi­lité d’Eric Dayre, Professeur et Directeur du Centre d’Etudes et de Recherches Comparées sur la Création (CERCC) de l’ENS Lyon, spé­cia­liste de l’inter­face recher­che et créa­tion, et d’Evelyne Chalaye, ensei­gnante-archi­tecte à l’ENSASE. Sous la res­pon­sa­bi­lité de Mme Anolga Rodionoff, Professeure et Directrice-Adjointe du CIEREC, le Centre Interdisciplinaire d’Etudes et de Recherches sur l’Expression Contemporaine de l’Université Jean Monnet appor­tera son enca­dre­ment doc­to­ral dans le champ des arts contem­po­rains, de l’archi­tec­ture et de la réflexion sur le deve­nir actuel des ter­ri­toi­res, concer­nant d’une part ses tra­vaux sur la per­cep­tion sen­si­ble ou la per­cep­tion intel­li­gi­ble du pay­sage, et d’autre part, la cri­ti­que de l’archi­tec­ture de la pro­duc­tion dans la cadre d’une réflexion sur la moder­nité. Les tra­vaux issus de la réflexion-action et de la pra­ti­que pen­sante don­nent lieu à des pro­duc­tions artis­ti­ques, des inter­ven­tions, des recher­ches et des publi­ca­tions, des expo­si­tions sur le site et des expo­si­tions iti­né­ran­tes, donc à un tra­vail cura­to­rial suivi, pour ouvrir les méca­nis­mes de la trans­mis­sion des savoirs par les pra­ti­ques au public des usa­gers privés ou pro­fes­sion­nels de la région AURA.

Le projet LCD2APMI a obtenu le sou­tien de la muni­ci­pa­lité de la Chaise Dieu et du Syndicat Mixte du Projet de la Chaise Dieu, qui met­tent à dis­po­si­tion leurs locaux et res­sour­ces. Dans le même temps, autour des acti­vi­tés de l’entre­prise les Fils Philipon et avec le sou­tien actif de cette entre­prise, se déve­loppe le tra­vail de recher­che doc­to­rale en liai­son avec la thé­ma­ti­que « archi­tec­ture et arts » 2APMI.

Les opé­ra­tions menées en loca­li­sa­tion sur la Chaise Dieu impli­quent des rési­den­ces artis­ti­ques et des sémi­nai­res de ren­contres avec les pro­fes­sion­nels de l’archi­tec­ture et de l’amé­na­ge­ment. Les rési­den­ces accueillent des artis­tes pour des pro­jets qui contien­nent et incluent sys­té­ma­ti­que­ment la phase de trans­mis­sion pra­ti­que avec les équipes d’ensei­gnants-cher­cheurs de l’UDL, et qui pro­gram­ment des res­ti­tu­tions de ces trans­mis­sions en lien avec les sémi­nai­res et les ren­contres. Par an, est prévue la tenue de 5 clas­ses de maître en moyenne, rési­den­ces d’artis­tes et séquen­ces de créa­tion-recher­che, de même que la tenue d’un sym­po­sium thé­ma­ti­que de recher­che par an.

Déroulé des tra­vaux sur 5 ans et fonc­tion­ne­ment :

- Entre 20 et 25 clas­ses de maî­tres, de créa­tion-recher­che, impli­quant des équipes com­po­sées de cher­cheurs et de créa­teurs (sous l’égide du CERCC et du CIEREC) sur des thé­ma­ti­ques déci­dées en commun avec les cher­cheurs de l’ENSASE, sur une durée com­prise entre 5 et 12 jours.

- Restitutions, trans­mis­sions des clas­ses et expo­si­tions des œuvres et tra­vaux, en lien en concer­ta­tion avec la com­mune, l’inter­com­mu­na­lité et le syn­di­cat mixte de la Chaise Dieu.

- Tenue de cinq sym­po­siums ou confé­ren­ces sous l’égide de l’ENSASE, met­tant en pré­sence des élus, des pro­fes­sion­nels, des archi­tec­tes, des artis­tes et des cher­cheurs autour des pro­blé­ma­ti­ques de créa­tion et inno­va­tion, recher­che et déve­lop­pe­ment, apports des ter­ri­toi­res et apport aux ter­ri­toi­res. Ces tra­vaux déve­lop­pe­ront les trans­ver­sa­li­tés orga­ni­sa­tion­nel­les sur l’espace AURA, en fai­sant appel à l’exper­tise de l’IADT (Institut d’Auvergne du Développement des Territoires) basé à Clermont-Ferrand.

- Doctorat financé sur trois ans (CIEREC), suivi de deux années pour res­ti­tu­tion thé­ma­ti­que appro­fon­die dans le cadre des sémi­nai­res et des sym­po­siums (CERCC, CIEREC, ENSASE).

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